Taille du diamant et des pierres

À voir aussi : Le diamantLe diamant canadienComment la terre fabrique un diamantLe diamant de synthèseLaPresse 2011 – Le monde secret du DIAMANT

La taille des pierres

Préambule :
Un Lapidaire est une personne qui taille les pierres gemmes (à l’exception du diamant : la dureté extrême de ce dernier nécessite un appareillage et une technique différente).

Une gemme est une pierre fine, précieuse ou ornementale. Pour mériter l’appellation de gemme, cette matière (minéral, roche ou substance organique telle que la perle ou l’ambre) doit être belle, surtout par sa couleur. Elle doit être peu altérable, et assez solide pour survivre à un usage constant ou aux manipulations, sans se rayer ou s’endommager.

Le travail du lapidaire peut s’effectuer à partir d’un outillage assez simple : une petite meule actionnée par une manivelle et un bâton sur lequel on fixe la pierre avec du ciment lapidaire. Les outils sont fixés sur un établi qui peut se déplacer devant une fenêtre pour travailler à la lumière.

Le lapidaire désigne aussi un négociant, un marchand de pierre.

taille-pierre-lapidaire-histoire-haut-jura  taille-pierre-precieuse-lapidaire-histoire-haut-jura

Un peu d’histoire pour commencer :
Dès l’âge de la pierre polie, l’homme c’est rendu compte de l’intérêt qu’il avait à utiliser pour ses outils une pierre rendue totalement lisse, mais la démarche, à l’époque, était plus pratique qu’esthétique.

Au moyen âge on trouvait des parures incluant des pierres brutes plus ou moins gravées, sculptées ou polies en forme de cabochon. Les techniques de tailles modernes n’existent que depuis quelques siècles.

taille-pierre-lapidaire-histoire-haut-jura2  taille-pierre-lapidaire-histoire-haut-jura3

C’est au cours du XVIIè siècles que la taille connut une avancée majeure grâce à Vincenzo Peruzzi qui inventa la taille brillant à 57 facettes : 32 pour la couronne (la partie haute), 24 pour la culasse (la partie basse) plus la table (la grosse facette du dessus).

taille-pierre-lapidaire-haut-jura

Cette taille consiste à combiner différentes faces plates choisies selon les clivages et axes optiques des cristaux, elle augmente au maximum le trajet lumineux dans la pierre permettant de donner pleine brillance et couleur à la gemme, cette taille est particulièrement adaptée au diamant.

Les autres pierres de couleurs sont taillées suivant un mode particulier adapté à la structure cristalline de la pierre, par exemple la taille rectangle pans coupés est très adaptée au cristaux du système hexagonal comme les émeraudes.

Pourquoi et comment ce travail très atypique s’est répandu dans notre région ?

L’origine du développement du travail de lapidaire dans notre région est liée aux besoins de l’horlogerie Genevoise en plein essor au 17ième siècle : pour les mécanismes de montres, un contre-pivot en pierre taillée est nécessaire.
Suite à la révocation de l’Edit de Nantes en 1685 (qui entraîna l’exil d’un grand nombre de lapidaires et diamantaires Parisiens vers la Suisse) et face à l’expansion de l’activité horlogère, la fabrication genevoise sous-traite l’ébauche des montres et la taille des pierres aux régions rurales voisines : Vallée de l’Arve, Pays de Gex et Haut Jura.

Cette évolution a suivi celle de l’horlogerie, elle se diffuse sur le plateau du Haut Jura où 600 lapidaires travaillent vers 1770. Le travail du lapidaire reste dynamique dans notre région tout au long du XIXè siècle. Les Jurassiens ont trouvé dans cette activité un complément idéal au travail estival, les longs et pénibles mois d’hiver sont consacrés à la taille de pierres.

Les étapes de la taille :
La beauté d’une gemme n’apparaît souvent qu’après la taille. Sa valeur dépend de son poids, de sa couleur, de sa transparence mais aussi d’effet optiques caractéristiques.

Les gemmes à l’état brut proviennent de gisement se trouvant aux quatre coins du monde comme l’Amérique, l’Australie, l’Afrique ou encore le Brésil, il n’y a malheureusement pas ou très peu de matière brute exploitable en France.

Les pierres présentent parfois des zones de coloration différentes, la première étape consiste à analyser la pierre brute afin de centrer sa teinte. Cette étape est très importante, elle permet de conserver la meilleure partie du brut tout en limitant les pertes de matière.

Le lapidaire ébauche cette pierre brute sur une meule de Carborundum en fonction de la forme désirée, le Carborundum est une céramique composée de silicium et de carbone.

La pierre ébauchée est ensuite cimentée sur un bâtonnet, ce dernier permettant de tailler la pierre avec précision sur une meule en cuivre diamanté, le bâtonnet est bloqué dans un guide appelé évention : il comporte une trentaine de trous permettant au lapidaire d’orienter la pierre en fonction des angles de taille.

La taille s’effectue en deux parties : on taille premièrement le dessus, que l’on nomme la table, c’est cette partie qui confère à la pierre sa luminosité.

taille_pierre_lapidaire1

Une fois la partie supérieure taillée, la pierre est de-cimentée puis retournée, on taille alors la partie inférieure qui se nomme la culasse, cette partie est composé de 32 à 106 facette suivant le type de taille effectué.

taille_pierre_lapidaire2(1)

Une fois la pierre taillée, elle est ensuite polie sur une meule d’étain à laquelle on ajoute de la poudre de diamant, les facettes sont minutieusement reprise une à une afin de leur donner une plus grande brillance.

La pierre trouve alors tout son éclat après un rinçage dans de l’alcool à brûler.