Les outils du bijoutier

Voici une liste exhaustive des outils utilisés par les maîtres artisans en bijouterie et joaillerie.
Pour accéder rapidement à une définition simplement cliquer sur la première lettre ci-bas.

| A | B | C |D | E | F | G | H | I | J | K | L | M | N | O | P | Q | R | S | T | U | V | W | X | Y | Z |

AIMANT :
Il sert a ramasser les déchets ferreux (scies, déchets des limes, etc) dans la « peau » ou « tiroir en inox » du bijoutier. Il sert aussi à trier ces mêmes métaux ferreux sortant des boites à limailles avant de préparer une fonte des déchets.

ARBRE :
Fruit de la technique qui permet de réaliser des objets en trois dimensions, à partir d’une cire avec tige de coulée. La fonte a cire perdue était déjà pratiquée dans la haute antiquité  (-3250 à – 600 ans  av JC) et les grecs la pratiquaient il y a 2500 ans avant notre ère.

ARCHET :
Baguette flexible tendue par une corde ou un ressort qui s’enroule autour d’une poulie sur laquelle est fixée une mèche. Son axe étant calé, on en joue, dans un mouvement de va-et-vient, comme sur violon. Le forêt, comme celui du drille, doit être affûté pour percer efficacement dans les deux sens (Aller et retour) de rotation du disque. Est encore utilisé en Inde pour percer les pierres fines. Certaine peuplades (amérindiens, haute Egypte, Australie etc) faisaient du feu en employant la même technique, la corde s’enroulant autour d’une tige de bois permettant de faire tournée rapidement celui-ci afin d’enflammer l’amadou.

ARGUE :
Anciennement, Argue Royale et argue nationale. Lieu où les tireurs d’or tréfilaient leurs lingots. Par extension, étau coinçant les filières lors de l’étirage du fil. Support de filières. « Ainsi, l’ édit du 14 août 1766, stipule qu’ une argue royale est créée dans la ville de Trévoux pour affiner, forger et tirer l’ argent, ceci pour supprimer toutes argues à domicile afin de limiter la contrebande dans la fabrication des fils d’ argent. »(Base Mérimée)

AVIVOIR :
Instrument dont se servent  les doreurs et bijoutiers pour aviver et étaler l’amalgame de l’or. Quand on a bien grattebossé l’endroit que l on veut dorer, on pose l’or dessus à l’aide d’un avivoir : on appelle ainsi une verge en cuivre, munie d’un manche en bois grosse et longue comme une fourchette ordinaire. (traité de l’orfèvrerie de Benvenutto Cellini)

BAGUIER:
Jeux d’anneaux gradués de différentes dimensions permettant de  mesurer la grosseur d’un doigt pour y adapter un corps de bague.En France, cette numération s’exprime de 40 à 80 mm, et en mesures anglo-saxonnes, en fractions de pouces, de 2 à 15. Il existe des jeux d’anneaux larges pour bagues de type chevalière et de jeux d’anneaux étroits pour bagues de type alliance. Des triboulets gradués (voir Triboulet) concordent avec ces jeux d’anneaux.

BALANCE :
A grammes ou à carats, de formes et dimensions très variées, depuis les balances manuelles tenues d’une main jusqu’ aux balances électriques à index lumineux. Doivent être vérifiées régulièrement par des techniciens privés reconnus par l’état.
Ci contre balance  à peser les bijoux ou l’or, ci dessous balances pour peser les diamants.

BANC A DEGROSSIR :
Diderot disait : Dégrossir ou Dégrosser l’or et l’argent. C’est en faire passer les lingots par les divers pertuis ou trous d’une sorte de moyenne filière appelée ras, pour les réduire à la grosseur d’un ferret de lacet. Banc sur lequel le dégrossisseur donne le troisième tirage à l’or par le moyen d’une bobine sur laquelle il le dévide en le faisant passer à travers une filière. Pour la monnaie, c’est l’équivalent du laminoir : Diderot et d’Alembert ont décrit l’Orfèvre Grossier, celui qui s’occupe des gros ouvrages de la table.

BANC A ÉTIRER :
Machine servant à tirer les gros fils, ou les charnières (fils creux) de forte taille qui ne peuvent se tirer à l’étau. Entre deux bâtes de bois ou de fer, une chaîne « galle » (chaine de vélo) sans fin est manœuvrée par le pignon d’une manivelle. Le fil à étirer est cramponné dans une pince à étirer (ou grenouille) qui, par un mors, peut s’accrocher à cette chaîne ou s’en décrocher. Divers dispositifs permettent aux mâchoires de pincer de plus en plus le fil en fonction de l’étirage : crapaud, pince articulée.

BIGORNE :
Petite enclume d’établi à deux cornes de formes différentes : l’une est plate et pointue, l’autre ronde et pointue. Sert à river, former, forger de petites pièces

BILLOT :
En joaillerie, tronc d’arbre support d’enclume posé une paillasse, sur lequel on forge. Les Anglais s’en servent pour leurs RoisNa ! Ça leur apprendra a se moquer de la guillotine…

BOCFIL :
Outil en forme d’archet, appelé aussi porte-scie,servant à maintenir une  lame de scie tendue.Il se compose d’un manche qui entoure une tige au bout de laquelle est fixée une double mâchoire formant pince, serrée par une vis à papillon. Entre le manche et cette pince, est rapportée une autre tige transversale ayant, à son embout, un charnon carré avec vis à ailettes où vient coulisser un montant en équerre avec son retrait. Sur ce retrait, se trouve une pince semblable à celle qui est en bout de manche. Sur certains le montant coulissant permet de régler l’ouverture entre les deux pinces selon la longueur de la lame de scie.

BOIS A LIMER OU ESTIBOIS :
Morceau de bois dit aussi « estibois » qu’on place dans la mâchoire de l’étau. On pratique une entaille transversale plus ou moins grande dans laquelle on appuie et on tourne la pièce qu’on veut limer.

BOITE A LIMAILLES :
Boîte en zinc utilisée pour recueillir les limailles. A l’intérieur se trouve un tamis pour séparer les limailles des morceaux.

BOUGE DE CISELEUR :
Sorte de Ciselet de forme amincie et effilée utilisé par les ciseleurs.

BOULE :
Outil de graveur en pierres fines ? Enclume dont la surface est convexe Tête de bouterolle qui use la pierre au moyen de poudre de diamant. S’appelle scie lorsqu’elle est plate.

BOULE A SERTIR :
Boule (ou boulet) autrefois en cuivre tournant dans un cercle de même matière. Deux parties concaves, roulant l’une sur l’autre ainsi qu’un compas de marine, permet d’orienter dans tous les sens la pièce qui-y est fixée par un ciment.

BOULET :
Calotte pivotante ou demi-sphère orientable sur laquelle graveurs et ciseleurs fixent, avec du ciment, les pièces à graver de même que les sertisseurs les fixent sur une poignée cimentée. Il repose sur un anneau de cuir que l’on appelle palonnier.

BOUTEROLLE :
1° Tige de fer ou de bois servant à emboutir des feuilles de métal disposées sur un appui de plomb. De diverses dimensions et se terminant par une boule, elle est frappée par un marteau.
2° Tige fine, sensiblement de même forme que la bouterolle de bijoutier, montée sur un touret et enduite de poudre de diamant qui sert à graver les pierres fines.

BROSSE A PEAU:
Brosse de soies de porc  servant à récupérer les limailles sur l’établi et sur sa peau.

BRUNISSOIR:
Instrument d’acier très poli, pierre sanguine ou agate polie ,ou bien plus fine encore,montée sur un manche. En l’appuyant également sur tous les endroits d’une pièce, on lui donne un très beau poli. Autrefois appelé : Brunissoir à Ravaler ;

BURIN :
Outil de coupe, généralement poussé au marteau ou au maillet, rarement à la main. Ciseau d’acier qui blesse le métal, enlevant des copeaux.

CABRON :
Bout de bois de formes diverses parachevant l’action des limes et utilisé pour polir des pièces. Recouverts d’émeri ou de drap enduit de produit à polir, il en est des plats, ronds, demi-joncs ou triangulaires

CALIBRE TRACOIR :
Plané de métal découpé et repercé qui permet de répéter un dessin.
A l’usage des lapidaires : plané percé de deux trous profil et face d’une pierre à tailler.

CAMBROIR :
Dé à cambrer pour emboutir et cambrer le métal. des gorges différentes permettent des pliages en formes triangles, rectangles, demis ronds, idéal pour façonner une petite charnière à la main, avant de la tirer au travers d’une filière ronde pour terminer au diamètre voulu.

CHALUMEAU :
Longue pipe de métal servant à orienter et à darder la flamme. Le soufflet à pied et l’air comprimé ont remplacé le chalumeau à bouche qui faisait ressembler le bijoutier à un souffleur de verre.

Il y a aussi le Micro-dard qui permet de faire des flammes  grosses comme des têtes d’épingles Principe basé sur la décomposition de l’eau entre l’hydrogène et l’oxygène. Mais le nec plus ultra désormais est le poste de soudure laser qui permet une très grande précision, la possibilité de souder une griffe sans dessertir entres autres exemples, on se sert d’un laser pour combler les trous d’une fonte sous pression, en fondant un apport de métal sans soudure, donc sans traces.

CHARBON :
Morceau de charbon de bois de forme parallélépipède sur lequel on pose la pièce a souder.

CHARNERON :
Fraction de charnière

CHARNIÈRE :
Tube plus ou moins long dont plusieurs fractions, réparties sur chaque bord de deux pièces jointives et maintenues par un axe central, (la goupille), assurent la mobilité.

CHASSE :
Petit instrument qui sert à porter la percussion du marteau sur un corps qu’il ne peut atteindre. Il est des « chasses » qui ne sont autre chose que des tiges en fer et d’autres qui sont des espèces de marteaux à deux têtes

CHEVILLE :
Pièce de bois amovible de la largeur d’une main taillée en sifflet et fixée au centre de la place de l’ouvrier sur l’établi.
Il y appuie sa pièce pour limer et scier.

CIMENT :
Voir boulet et poignée cimentée.

CISAILLE A EXCENTRIQUE :
Couperet à glissement latéral et à écartement variable qui, grâce à un grand bras de levier, peut tailler des plaques plus ou moins épaisses.

CISAILLE :
Ciseaux renforcés à l’usage des bijoutiers.

CISEAU :
Voir burin.

CISELET :
Tige d’acier servant à tracer, former, modeler le métal. Chaque ciseleur a plus d’une centaine de ciselets de formes très diversifiées à sa disposition.

CISOIRE :
Ciseau formé de forme spéciale pour couper planés et paillons de soudure.


CÔNE A EMBOUTIR :
Mandrin conique de différentes  inclinaisons à l’aide desquels sont emboutis sertissures et chatons

COUPELLES :
Creuset  en céramique utilisé pour le titrage des métaux précieux. C’est avec ces coupelles qu’on pratique la coupellation qui permet de tester le titrage des métaux précieux. voir, L’ennui de cette technique est qu’elle est destructive, c’est pourquoi elle ne se pratique que sur un échantillon de production, le reste étant étudié par la méthode du touchau.

COUPE BAGUE :
outil pour scier les corps de bagues ne pouvant plus sortir du doigt, une scie circulaire entraînée manuellement, permet de faire une coupe franche de moins de 1 m/m de large, le professionnel n’a plus qu’a écarter le bas du corps de bague pour permettre au doigt d’être  dégagé, outil simple qui devrait équiper tous les services d’urgence pour leur éviter de couper les bagues avec une pince coupante et de bousiller le bas de corps. Parole de professionnel qui en a réparé !

CRAPEAU :
Soufflet à pied qui alimente en air le chalumeau. (ci-contre)

CREUSET :
Vase en terre réfractaire, graphite ou plombagine, dans lequel on fond le métal précieux, ou qui sert a exécuter des opérations qui demandent un feu violent, fait d’une glaise purifiée et mêlée d’un peu de sable.

DÉ À EMBOUTIR :
Cube d’environ 10 cm de côté aux alvéoles en creux sphériques de dimensions diverses qui permet, à l’aide de bouterolles, d’emboutir le métal en feuilles.

DEBITANT :
Laminoir à fil composé de deux rouleaux cannelés tournant en sens inverses, voir ci-dessous, après avoir découpé une partie de lingot, le compagnon bijoutier va fabriquer un fil carré de plus en plus fin, qu’il pourra ensuite passer au banc à étirer au travers des filières et lui donner la forme qu’il veut, soit rond, carré, triangle, étoilé, etc.

DEROCHE :
Bain chaud d’eau et d’acide sulfurique (9 ou 15 parties d’eau pour 1 partie d’acide sulfurique) dans lequel sont plongés les métaux précieux après leur passage à la flamme qui les a oxydés.

DRILLE :
Ensemble composé d’une tige d’acier travaillant verticalement, d’un porte foret situé en bas de la tige, d’un volant
placé un peu plus haut et, légèrement au-dessus, d’un bras horizontal. Celui-ci, tourné et percé, coulisse le long de la tige d’acier. Ses deux extrémités sont reliées par une corde en boyau ou peau d’anguille qui traverse la tige percée à son sommet. Lorsque le volant est lancé, le bras monte et descend, la corde s’enroulant et se déroulant autour de l’axe d’acier. L’ensemble est maintenu souplement par la main dont les doigts s’agitent comme en un mouvement d’adieu. De même que sur l’archet, la taille des angles d’attaque du foret sont à double effet.

EAU RÉGALE :
C’est un mélange des acides nitriques et sulfuriques qui sert à traiter les limailles d’or et de platine.

ECHOPPE :
Outil de coupe poussé à la main. De formes et de dimensions diverses, ils sont droits, plats, carrés, losanges, ovales, demi-ronds, poires, courbes ou bien rayés et emmanchés dans des manches-poire, oignon, boule ou lentille.

ENDOUILLOIR :
Bouterolle dont l’extrémité se termine en demi-sphère creuse. Ils sont utilisés pour serrer les griffes des chatons Ils sont en acier trempés .

EQUARISSOIR :
Pointe d’acier effilée de coupe carrée dont on se sert pour équarrir et agrandir les trous.

EQUERRE :
outil formé de deux pièces à angles droits. L’équerre ci dessous à droite est une équerre à chapeau dont se servent le plus les bijoutiers. C’est une équerre métallique plate et épaisse qui a sur son petit coté un rebord qui permet de la positionner avec précision. Mettre un carré à l’équerre, c’est l’un des premiers exercices de l’apprenti, il y en a qui souffrent. L’équerre associée au  compas est le symbole du Compagnon accompli dans sa rectitude et son ancienneté.

ETAU :
Larges mâchoires mobiles, parfois orientables qui serrés par un pas de vis,immobilisent la pièce à scier ou à limer.

ÉTAU À COIN :
Deux demi-manches de bois axés, pouvant se serrer par un coin pour tenir bagues ou petites pièces à sertir. Ci-dessous à droite étau à coin, étau à main en acier, étau a main de sertisseur avec mâchoires en cuir.

ÉTAU D’ÉTABLI :
Petit étau fixé sur l’établi.

ÉTAU PARALLÈLE :
Étau dont les deux mâchoires se déplacent latéralement et serrent la pièce également de partout.

FACE D’OUTILS :
c’est ainsi qu’on nomme le biseau d’une échoppe formé sur la meule et avec lequel on coupe.

FIL À LIER OU ATTACHER :
Fil de fer de différentes dimensions présenté en bobines, servant à attacher des motifs entre eux.

FILIÈRE :
Plaque de fer ou d’acier percée de trous coniques au diamètre décroissant, dans lesquels passent les fils d’or, d’argent ou de cuivre en vue d’être affinés. Le trou se nomme pertuis, l’entrée de l’embouchure et la sortie, l’œil. Il en existe de toutes formes.

FILIÈRE À TARAUDER :
Plaque d’acier percée de trous filetés servant à tarauder des fils de métaux précieux pour en faire des vis ou des tiges filetées. Les tarauds qui l’accompagnent serviront à percer les trous ou boulons qui seront les logements de ces vis.

FILTRE :
Appareil adapté, sur les lavabos, à l’évacuation des eaux pour recueillir les poussières de métaux précieux lors du lavage des mains et des objets une fois qu’ils sont terminés. Quand j’étais apprenti, j’ai gardé un mauvais souvenir de l’odeur de cette espèce de vase crée par le savon et la crasse, qui s’échappaient des récipients en grès. Il fallait ensuite la donner a traiter pour en extraire l’or qui s’y était retrouvé après le lavage des mains

FION DE SERTISSEUR :
Outil formé de tiges d’acier assemblées et de grosseurs différentes pour confectionner les perloirs.

FORET :
En bijouterie, aiguille d’acier dont l’extrémité anglée et affûtée perce des trous. Sa coupe diffère selon son emploi. Le sens de rotation du foret, toujours identique pour la perceuse, alterne pour le drille ou l’archet. Celui du sertisseur revêt des formes très diverses : en langue d’aspic, à demi-perles ou à brillants. ci-contre : Langue d’Aspic

FRAISE :
Tige d’acier aux embouts rainurés, taillés ou grainés qui, emmanchée sur un mandrin, attaque le métal en tournant.

FROMAGE ou TOURTE :
petit cylindre en terre cuite de 5 à 6 cm de diamètre et 2 à 3 cm d’épaisseur, qui sert à élever les creusets afin de les exposer  en les rehaussant, à un plus grand degré de chaleur.

GOUGE :
Burin ou ciseau creusé en demi-cercle.

GOUPILLE :
Fil de métal épointé servant à retenir et assembler les charnières, mailles ou motifs percés.

GRATTE BOSSE :
Pinceau de fils de verre très serrés pour poncer le métal.

GRATTOIR :
Outil tranchant dont l’extrémité affûtée sert à gratter, nettoyer ou unifier le métal.

LAMINOIR :
Outil composé de deux cylindres d’acier rectifiés et polis, tournant l’un au-dessus de l’autre en sens inverse et fixés dans un bâti. L’intervalle qui les sépare se règle, permettant de réduire l’épaisseur d’un plané ou d’une feuille. Il peut être commandé par manivelle ou par moteur électrique. Celui ci-contre, lamine plaques et fils et sur le coté un rouleau lisse et au dessus un rouleau qui est amovible qui permet de laminer des fils demi ronds gravés de décors différents.

LIME :
Outil d’acier aux aspérités plus ou moins relevées et régulièrement entaillées qui mord, entame, arrache ou use le métal. Elles peuvent se répartir : d’après la profondeur de leur taille, en grosse bâtarde, demi-douce et douce ; d’après leur forme plate, pointue, carrée ou carrelet, triangulaire ou tiers-point, ronde conique ou queue-de-rat et feuille de sauge.

LINGOTIERE :
Moule en fonte, réglable, dans lequel on coule les lingots.

LOUPE :
Lentille grossissante biconvexe.  La « loupe à l’œil » (à gauche) de l’horloger s’adapte à  l’œil mieux qu’un monocle. Les binoculaires (au centre) sont ceints sur le front et tout diamantaire a en poche une loupe x 3 ou x 10.

MAILLET :
Marteau à tête de bois : mail, mailleau ou cureau, maillet ou mailloche.

Autrefois les maillets étaient en buis, de nouvelles matières permettent de le remplacer sans toutefois marquer le métal lors de la frappe. Celui du bas est en buffle, la peau de buffle est enroulée mouillée et en séchant se durcit et rétrécit.

MALE :
Pièce d’acier qui s’ajuste dans une matrice et donne sa forme au métal que l’on y introduit.

MANDRIN :
Forme ou tige d’acier autour de laquelle on enroule en l’ajustant fil ou plané. De formes variées, ils permettent au chaînier de faire divers modèles d’anneaux avec du fil. Un mandrin de section ovale, permettra de tourner des cannetilles de maillons ovales, un mandrin ronds , des anneaux ronds. Il est conseillé de mettre un papier de soie (ou papier water, moins poêtique) autour du mandrin avant de tourner, une fois terminé, on fait flamber le papier et la cannetille d’anneaux se libère facilement.

MARTEAU :
Outil à usages multiples pouvant revêtir plusieurs formes. Se compose d’une table, une panne et un œil dans lequel entre, en forçant, le manche assujetti par un coin. Il existe des marteaux à sertir, polir, planer et rétreindre.

MARTELET :
Petit marteau pour les ouvrages délicats.

MASSE :
Petite tige d’acier carrée et emmanchée dont le bout plat et creusé permet de ramener le métal sur la pierre en la sertissant.

MATOIR :
Ciselet gravé de petits points, qui sert à rendre bruts des fonds de décor.

MATRICE :
Moule d’acier dans lequel s’est imprimé le décor du poinçon. Bloc de métal gravé en creux permettant, par un procédé de frappe, par l’effet d’un  poinçon contrepartie ou d’injection, la reproduction en série d’un objet.

MÈCHE :
Tige ou fil d’acier taillé pour percer.

MEULE :
Disque de fer, d’acier ou de pierre destiné à aiguiser les corps durs.

MOLETTE :
Roulette gravée pivotant autour d’un axe. Montée sur débitant, elle imprime des décors profonds sur des fils. Pour graver au trait elle roule au bout d’un manche.

MORDACHE :
Pièce de bois qu’on met dans un étau pour ne pas endommager les pièces qui doivent y être assujetties.

MORTIER :
Récipient en matière dure dans lequel sont broyées les limailles.

MOUFLE :
Vase de terre faisant office de four.

MOUSTACHE :
Pince, plus ou moins grande, formée d’un même fil tourné, à son pied, en une spire de ressort. Après avoir formé la spire, les deux extrémités du fil s’écartent en s’évasant vers le sommet pour se replier horizontalement et se croiser vers le centre. Elles se redressent ensuite en manière de crocs dans l’axe de l’outil pour retenir une pièce en la pinçant. Au repos, la moustache pince la pièce. Une simple pression sur les deux bras libère celle-ci.

OGNETTE :
Ciseau de sculpteur.

ONGLET :
Sorte de poinçon taillé en ongle qui diffère du burin, taillé en losange. Terme d’orfèvre et aussi de graveur.

ONGLETTE À JOUE :
Outil utilisé par le graveur sur métal précieux pour faire de la taille douce, en général. Se présente comme une lame d’épaisseur variable ayant deux faces arrondies.

PAILLON :
Petit brin ou morceau de soudure découpé à la cisoire. Fleuve cher aux Nicois, il doit son nom aux paillettes d’or que son cours charriait  dans l’Antiquité. Ce sont ces petits morceaux de soudure qui vont être déposés à la jonction de deux parties a souder avec un pinceau a borax

PALMER :
Secteur à deux extrémités, l’une fixe, l’autre mobile, entre lesquelles est placé l’objet dont on doit mesurer avec précision l’épaisseur. La partie mobile est une vis graduée jusqu’au centième.

PAPIER ÉMERI :
Abrasif. Fabriqué à partir d’une roche composée de spinelle, de corindon,(le saphir est du corindon)de la magnétite et de l’hématite. Comme je collectionne les bouteilles anciennes, au passage une expression qui concerne les hommes et les bouteilles anciennes « Bouché à l’émeri ».

Une poudre mélangée à de l’eau et de l huile est déposée sur le bouchon et le goulot intérieur de la bouteille, l’ouvrier tournait le bouchon en verre jusqu’à ce que les deux parties soient entamées au point de ne plus rien laisser passer, c’est-à-dire complètement hermétique   Après la lime dure, la lime douce, le bijoutier joaillier se sert de papiers émeris de force différente pour fignoler la surface de son bijou et le préparer à être poli

PEAU D’ÉTABLI :
Pièce de cuir fixée à la place de l’ouvrier sous l’établi et reposant sur ses genoux pour recueillir pierres ou limailles et poussières de métal précieux. Expression : faire sa peau  (nettoyer et trier les déchets de métaux précieux qui sont tombés dans la peau)

PERCEUSE :
Moteur électrique suspendu actionnant, par flexible, un mandrin porte-forêt, porte-mèche ou porte-fraise, monté sur une pièce à main. Elle peut être commandée à la main ou au pied par rhéostat.

PERLOIR :
Tige d’acier cylindrique à l’extrémité creusée en demi-sphère et régularisée par un fion pour perler, en demi-perles, des filets recoupés ou pour bouler des griffes.

PERRUQUE EN FIL DE FER :
Galette en fils de fer entrecroisés sur laquelle sont soudés les métaux.

PETIT TAS :
Morceau de fer plat et poli, ovale, carré ou rectangulaire, sur lequel on peut planer et river.

PIED À COULISSE :
Réglet gradué avec un coulisseau permettant de mesurer les épaisseurs, mais aussi les intérieurs de corps de bague, etc.

PIED DE BICHE :
Échoppe à section ovale.

PIERRE À DRESSER :
Abrasif de grains agglomérés qui par usure, sert à rendre planes les plaques de métal.

PIERRE À HUILE :
Pierre du Levant ou d’Arkansas sur laquelle on affûte échoppes, forets, burins, ciseaux et grattoirs.

PIERRE DE TOUCHE :
Morceau de jaspe noir très plat, dur et rugueux, sur lequel on frotte une partie d’un objet pour en vérifier le titrage.

PINCE :
Outil de fer composé de deux branches enchâssées en croissant, aux deux tiers environ l’une dans l’autre et rivées pour permettre un mouvement d’ouverture et  de fermeture. Leur extrémité ventrue facilite la préhension.  Il en existe pour tous  usages, leurs  formes sont diverses et variées: bec plat, demi-rond, rond long bec, bout rond, camuse, parallèle, coupante de diverses inclinaisons, à coulant, a étirer,

PINCEAU À  BORAX :
Pinceau pour enduire les pièces de borax.

PINCETTE :
Petite pince.

PISTOLET :
Chalumeau avec veilleuse où se conjuguent les conduits de gaz et d’air (soufflé ou comprimé) ou d’oxygène.

PLANCHE :
Établi de plusieurs places groupant une équipe d’ouvriers.

PLANOIR :
Marteau à large panne tombant à plomb sur une table bien plate.

PLÂTRE À MODELER :
Sert à fixer des motifs entre eux afin de les souder.

POIGNÉE CIMENTÉE :
Manche en bois dont l’un des bouts est garni de ciment sur lequel on fixe la pièce à sertir.

POINÇON :
Le mâle de la matrice : il enfonce son décor dans le bloc d’acier qu’est la matrice. Ainsi le poinçon de titrage ou le poinçon de responsabilité. Jusque dans les années 1990  existait le poinçon de Maître, qui désignait celui qui avait fabriqué l’objet. Ou du moins le propriétaire de l entreprise qui avait  réalisé ce bijou. Pour des raisons non dites, certaines grandes entreprises ont commencé a faire fabriquer des bijoux non sertis en extrême orient et ces objets auraient dû être revêtus du poinçon d’importation. Ce qui à l’époque les rendaient repérables aux yeux du public attaché à une fabrication française, l’embrouille était de dire que ces montures étaient un apprêt terminé en France. Ce fut la fin d’une belle époque, le marketing a fait le reste.

POINÇON MATRICE :
Original d’une médaille, d’une monnaie, qui sert à fabriquer le moule.

POINTE À FEU :
Pointe de fer ou d’acier droite ou anglée servant à déplacer sous la flamme, pièces, paillons ou petits éléments de métal.

POINTE À TRACER :
Instrument à pointe fine et dure utilisé entaille-douce pour graver.

POINTEAU :
À main ou à frappe automatique, il sert à pointer des trous avant de les percer.

PORTE ÉQUARRISSOIR :
Support avec mandrin en nez vissé serrant l’équarrissoir

PORTE SCIE :
Voir Bocfil.

PRECELLES :
Voir Brucelles.

QUEUE DE RAT :
Lime ronde et terminée en pointe.

RÉGLET :
Règle graduée très droite pour tirer des traits.

REPOUSSOIR :
« Espèce de ciselet servant à repousser par-dessous les reliefs qu’on avait enfoncés en les ciselant par-dessus. » Diderot.

RIFLOIR :
Lime douce, détrempée, courbée à son extrémité et retrempée, servant à adoucir des défauts en des coins difficilement accessibles.

ROULE GOUPILLE :
Voir Porte-équarrissoir.

ROULETTE À PERLER :
Petite molette sur le champ de laquelle on grave en creux des demi-sphères, à la manière d’un perloir, et qui, roulant sur un filet de serti, donne le serti perlé.

SABLEUSE :
Machine à projeter sable fin, billes de verre ou de plastique pour décaper, dépolir ou graver des métaux précieux.

SCIE A REPERCER :
Ensemble composé du bocfil et de sa lame, fil d’acier denté, en général de section rectangulaire.

TARAUD :
Tige d’acier filetée au bout pointu et évidé sur les flancs pour laisser passer les copeaux, servant à fileter les logements de vis ou d’écrous.

TAS :
Petite enclume à huit pans en carré dont la queue entre dans le billot pour planer ou travailler de petits ouvrages.

TENAILLE :
Outil qui accroche, tient, pince et coupe. Il en existe de toutes formes et grosseurs.

TIERS POINT :
Lime poinçon à section triangulaire.

TOUCHAU :
Morceau de métal servant à vérifier le titrage des métaux.

TOURET :
Tour à polir.

TOURNETTE :
Outil composé d’un mandrin axé sur un cadre, pour tourner des cannetilles ou fileter des longueurs de fil, par le jeu d’une manivelle et d’engrenages très démultipliés.

TRACOIR :
Voir pointe à tracer.

TRÉPAN :
Voir drille.

TRIBOULET :
Cône ou tronc de cône en corne, bois, fer ou acier pour former ou forger bagues, bracelets, anneaux ronds, carrés, ovales.  à gauche triboulet a bracelet, permettant  de forger et mettre en forme des bracelets, au centre un triboulet métrique un « bergeon » en mesure américaine et en mesure française, un doigt de 52 français  équivaut  a un doigt de 12 aux états unis.  Un doigt de 52 équivaut à une circonférence de 5 cm 20.

TRIQUOISE :
Pince coupante. Elle coupe sur le côté comme une pince, ou sur le dessus comme une tenaille.

TRUSQUIN :
Pied à coulisse. Le prolongement du coulissant terminé en pointe permet de tracer à dimension des lignes parallèles au bord.

TUILE :
Sorte de lingotière

——————–

Source : Jean-Jacques Richard
Ancien artisan fabricant, créateur de bijoux, à Rouen.  Ancien président de la FNAMAC : Fédération Nationale des artisans métiers d’art de la bijouterie Joaillerie et des métiers qui s’y rattachent et Expert judiciaire en gemmologie Bijouterie et joaillerie près la Cour d’Appel de Rouen